Kenia Inès Hernandez Montalvan, avocate autochtone condamnée au Mexique
Kenia Inès Hernandez Montalvan est une avocate mexicaine.
Avocate autochtone amuzgo et défenseuse des droits humains, Kenia Hernandez a consacré sa vie à la défense des droits fondamentaux des communautés autochtones. Elle dirige le Colectivo Libertario Zapata Vive, un mouvement paysan qui milite en faveur des droits fonciers communautaires, des droits des peuples autochtones et des droits des prisonniers politiques. Elle a apporté un soutien juridique à des communautés engagées dans une résistance pacifique contre les expulsions forcées et pour la défense des terres communautaires, notamment dans le cadre de projets miniers, d’exploitation forestière et hydroélectriques. En tant que cofondatrice du Movimiento Nacional por la Libertad de los y las Presos Políticos (MOLPPEG), elle a également contesté la criminalisation de la manifestation pacifique et plaidé en faveur de la libération de personnes ayant exercé leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.
Après avoir subi des années de stigmatisation, notamment des campagnes de dénigrement dans les médias nationaux et des menaces qui seraient liées à des groupes armés du Guerrero, en 2019, elle a été intégrée au Mécanisme fédéral de protection des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes et a été transférée à Mexico afin de garantir sa vie et son intégrité physique. Depuis 2020, les représailles à l’encontre de Kenia Hernandez se sont transformées en harcèlement judiciaire. Elle a été arrêtée une première fois le 6 juin 2020 à la suite de sa participation à une manifestation publique, puis à nouveau le 18 octobre 2020, apparemment sans mandat judiciaire et sans que sa famille ou son avocat aient été initialement informés du lieu où elle se trouvait. Depuis lors, elle a fait l’objet de multiples poursuites pénales qui ont abouti à des peines cumulées dépassant les 20 ans d’emprisonnement. Un important mouvement international la soutient.
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