Culture et confiture : « Être à la bourre »
Retrouvez dans cette rubrique l’expression, l’injure, le mot et la curiosité grâce auxquels vous pourrez tenter de paraître intelligent et cultivé en société !
L’expression : Être à la bourre
Expression on ne peut plus actuelle, dans ce monde en pleine effervescence.
Mais son origine est incertaine. Selon Duneton, elle serait tirée du jeu de cartes populaire appelé la bourre. Ce jeu de cartes à la mode il y a plus de cinquante ans se joue à deux, trois ou quatre, chacun pour soi avec cinq cartes par joueur. Chacun mise une somme égale, décidée en commun, laquelle est partagée en fin de tour selon le nombre de levées que chacun a faites.
Le joueur qui n’a pas fait un seul pli est « bourru » et doit mettre sur le tapis le double de la somme qui vient d’être partagée par ses adversaires. Plusieurs perdants, plusieurs fois consécutives et le pot devient faramineux !
Si la malchance s’acharne sur un des convives, la perte peut être rude. Il est alors véritablement « à la bourre », sans doute car il est « plumé ».
Toujours selon Duneton, l’expression parisienne être en pleine bourre (en pleine forme) serait sans rapport. En effet, « bourrer », par évolution argotique du sens ancien (XIVe siècle) de maltraiter, a voulu dire « lutter, se concurrencer », qui ont donné la « bourre » au sens d’énergie et d’acharnement.
Le doute de Duneton vient du fait que la locution existe aussi en occitan, liée au contexte du jeu : es a la bora (il est à la bourre) s’applique également par plaisanterie à d’autres jeux, tels que la belote, lorsqu’une équipe est très en retard dans le compte de points. Il semble que de cette idée d’être « à la traîne » on est passé à la notion générale de retard, un peu comme « être capot » s’est appliqué à toutes sortes de défaites. Mais c’est une autre histoire, à venir peut-être…
L’insulte : Brocarder
Ridiculiser
De « brocard », qui désignait une parole vexante.
La curiosité : L’étymologie populaire – Chat-huant
Au XIe siècle existait le javan, « hibou », qui prit la forme choan au siècle suivant. Puis choan devint chahuan au XIIIe siècle, puis chat huant cent ans plus tard. L’on avait donc sans doute trouvé une similitude entre le cri de cet animal et celui d’un chat qui hue. Ainsi naquit le chat-huant (l’autre nom donné à la chouette hulotte).