La Tribune

Eron Kiiza, avocat ougandais condamné à neuf mois de prison par une cour martiale

Rouleaux de barbelés autour d'une prison







  

Patrick Henry
Patrick Henry

Ancien président

Le 7 janvier 2025, Eron Kiiza a été violemment arrêté par un soldat alors qu’il entrait en salle d’audience pour défendre l’opposant Kizza Besigye. Battu puis ramené devant la cour martiale, il a été condamné sur le champ à neuf mois de prison pour outrage, sans pouvoir se défendre, alors que la loi ougandaise plafonne cette peine à trente jours. Ses confrères ont constaté sur son corps de nombreuses traces de torture.

Eron Kiiza est un avocat ougandais.

Le 7 janvier 2025, Eron Kiiza a été violemment arrêté par un soldat alors qu’il entrait dans la salle d’audience de la Cour martiale générale de Makindye, où il devait assurer la défense de l’opposant politique Kizza Besigye et de son assistant Obeid Lutale. Il a été emmené dans un lieu inconnu pendant plusieurs heures, au cours desquelles il a été battu. Il est réapparu quelques heures plus tard devant la Cour martiale générale, où il a été reconnu coupable d’« outrage à la cour » et immédiatement condamné à neuf mois de prison, sans avoir eu la possibilité de se défendre ou de se faire représenter par un avocat, en violation des règles de la procédure régulière et des normes du procès équitable.

Pourtant, en vertu des sections 171(2) et 214(9) de la loi sur les forces de défense du peuple ougandais, une cour martiale ne peut prononcer qu’une peine de prison maximale de trente jours à l’encontre d’un avocat pour outrage au tribunal commis dans sa juridiction. La peine de neuf mois imposée à Eron Kiiza semble donc constituer une violation du droit international, du droit constitutionnel et du droit interne ougandais. Après le verdict, Eron Kiiza a été immédiatement transféré à la prison gouvernementale de Kitalya, dans le comté de Busiro, où il est toujours détenu. Les confrères qui ont pu lui rendre visite le lendemain ont pu témoigner que son corps portait de nombreuses traces de torture.

Pour en savoir plus

Pour défendre Eron Kiiza

Crédit photo : Tony Webster, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons